Le décret du 28 mai 2025 vient bouleverser l’organisation des Épreuves de Vérification des Connaissances (EVC) pour les médecins diplômés hors Union européenne (PADHUE). Désormais, deux voies sont clairement définies : la voie interne et la voie externe. Cette réforme ambitionne de simplifier l’accès à l’autorisation d’exercice. Mais sur le terrain, pour de nombreux médecins, notamment aux Antilles-Guyane, les doutes sont plus nombreux que les certitudes.
Quels changements apporte la réforme ?
La voie interne devient officielle. Elle s’adresse aux praticiens en poste en France ou ayant exercé au moins deux ans à temps plein dans les trois dernières années. Elle ne comprend qu’une seule épreuve écrite, probablement un QCM. Cela semble un progrès. Mais ce que l’on gagne en simplicité à l’entrée, on le perd en complexité à la sortie.
Et après les EVC ?
C’est là que les inquiétudes sont les plus grandes. Après la réussite aux EVC, tous les praticiens devront suivre un parcours de consolidation : deux ans pour les médecins, avec stage à temps plein dans un établissement agréé par l’ARS, inscription universitaire obligatoire, et validation académique. Autrement dit, des médecins déjà en poste depuis plusieurs années, parfois chefs de service dans les hôpitaux des Antilles ou de Guyane, devront tout quitter pour être “encadrés” ailleurs.
Quid des spécificités DOM-TOM ?
Un aménagement est prévu pour les PADHUE autorisés depuis 5 ans dans les DROM. En réussissant les EVC, ils pourraient être dispensés du parcours de consolidation. Une avancée salutaire, mais encore incertaine dans ses modalités. Reste à savoir si cela sera effectif dès la session 2025 ou seulement pour les suivantes.
Un équilibre fragile
Les PADHUE des Antilles-Guyane jouent un rôle vital dans nos hôpitaux. Dans certaines structures, ils sont les seuls à maintenir une activité médicale régulière. Ce décret risque de les précariser à nouveau, en créant un dilemme : passer les EVC pour sortir de la précarité, au risque de perdre leur poste actuel.
Le Collectif PADHUE Guadeloupe continuera à suivre l’évolution de ces textes, à informer ses membres, et à demander un véritable dialogue avec les autorités, pour une réforme juste, cohérente, et respectueuse des engagements de terrain des médecins PADHUE.

